11 mars 2009
Manapa, suite et fin !
Alors que les beaux jours reviennent à Butuan (mais pour nous, ce n'est pas le printemps mais la saison sèche qui va bientôt commencer), nous nous sommes rendus hier encore à Manapa avec Marion pour distribuer la dernière partie de votre aide.
En effet, votre participation et votre aide ont dépassé nos espérances, nous avons donc pu soutenir toutes les familles de la lagune qui se réinstallent en leur permettant un achat groupé de matériaux (clous, bois...) pour les aider à finir la reconstruction.
Le village se reconstruit le long de la route, sous le regard de Liling (petite soeur de Melo) !
La reconstruction est assez lente, car les pères continuent leur travail habituel (pêche très tôt le matin, puis tri et vente au marché 'après-midi). Au milieu de tout ça, ils trouvent un peu de temps pour continuer la construction de leur nouvelle maison.
Hier donc, nous sommes allés voir le père de Melody -une de nos étudiantes de Manapa- qui, en tant que représentant des habitants de la lagune, était notre interlocuteur durant ces derniers mois.
Après nous avoir proposé un repas avec du poulet (quel luxe !), nous lui avons remis la deuxième partie de vos dons. Avec cet argent, il a prévu aujourd'hui de commander une grosse livraison de clous et de planches, afin de constituer un stock au sein duquel les familles pourront venir se servir en fonction de leurs besoins.
En tout, ce sont donc un peu plus de 1900 € que nous avons pu leur distribuer, en aidant particulièrement les 6 familles de nos filleuls (150 € chacune) mais aussi en apportant un soutien matériel à l'ensemble de la communauté (1000 €).
La famille de Maricel et les parents de Hazel devant leur maison en construction


Les parents de Manuel et Vanessa, la soeur de Shielo !
Ces familles vous sont toutes très reconnaissantes de leur avoir permis de reconstruire leur maison, de se réinstaller et de reprendre bientôt une vie "normale" a l'abri des vagues et des dangers de la mer...
Alors, ils ont tenu à vous le dire via cette petite vidéo que nous avons tournée hier après-midi (traduction ci-après) :
Même Joshua, le petit frère de Hazel, semblait ravi !!
Alors, encore une fois, de la part de tous les habitants de la lagune,
Salamat kaayo, merci beaucoup !
Traduction de la vidéo :
" Bonne après midi à tous
Merci beaucoup à Enfants du Mékong association et à tous les
donateurs en France, qui nous ont apporté un support financier, pour pouvoir
reconstruire nos maisons qui furent détruites par les vagues.
Merci également à Maam Marion et Sir David, qui se sont investis pour récolter
l’argent, ce qui nous a permis de nous aider.
Et maintenant, nous rendons grâce, parce que nous avons de
nouvelles maison ou nous pouvons vivre confortablement.
Merci beaucoup, merci Beaucoup, MERCI !!!"
07 mars 2009
Les 7 merveilles de Butuan
Dans les guides touristiques, tous les pays de la terre ont leur Venise !
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais trois ponts et deux canaux suffisent à qualifier de "Venise de quelque part" n'importe quelle cité insignifiante.
Amsterdam est la "Venise du Nord", Suzhou celle "de l'Orient"... On ne compte plus les "Venise bis" dans le monde !
A ce jeu là, les Philippines ne pouvaient décemment pas échapper à sa propre Cité des Doges.
Et bien tenez-vous bien, elle existe, je l'ai trouvée ! Butuan abrite en son sein, tel un joyau, la "Pinoy Venice".
Sauf qu'ici, on trouve plus de lumads (indigènes) que de doges !
Et puis c'est quand même un peu moins glamour...
Cette cité particulière est un quartier pauvre de Butuan, construit sur pilotis. En période sèche (comme c'est le cas sur les photos) il n'y a que peu d'eau dans les marécages, mais en période pluvieuse, tout est véritablement inondé.
Sosumpit, pour ne pas la nommer, abrite un des programmes "Enfants du Mékong" géré par Marion. Je l'ai donc accompagnée hier dans sa visite du programme pour visiter quelques familles de filleul.

Ce quartier "typique" abrite de nombreuses familles dont l'un des enfants est filleul de l'association.
Les parents, s'ils ont un emploi, sont souvent chauffeur de "pedicab", ces tricycles à pédale qui remplacent ici les pirogues.
Et quant aux yachts qui mouillent au large, ils sont ici tout orange et sont dotés d'un moteur très bruyant... Ces "tricycles" (par opposition aux "pedicabs") optimisent l'utilisation de la moto qui leur sert de base. En effet, cela ne leur pose aucun problème de transporter jusqu'à 8 passagers dans un confort très philippin (bruit de marteau piqueur, vibration et fumée de pot qui a du mal à s'échapper !) mais néanmoins très sympathique, en témoigne les rencontres que l'on peut y faire...
C'est là la principale qualité de cette Venise de Mindanao ! Car ici, contrairement à la fameuse cité de l'amour, rares sont les touristes ! Alors quand des étrangers viennent dans le quartier, ils sont immédiatement considérés comme des amis...
Et puis, si nous n'avons pas encore de Michel-Ange et de Vinci, nous avons déjà leurs muses...
Plus que Venise, c'est même un petit parfum d'Italie que nous offre ce quartier.
En effet, outre les canaux ou les grands maîtres de la Renaissance ; au détour d'un chemin périlleux ...
... trône fièrement ...
la Tour de Pise !!
14 février 2009
Manapa, la suite ! (enfin !)
Marion est retournée la semaine dernière à Manapa pour leur délivrer la deuxième partie de l'argent que vous nous avez fait parvenir... Elle nous raconte la situation :
Manapa est triste à voir ces jours-ci...
Il pleut, il vente, les gens sont mouillés en permanence, ils ont froid, et attendent une autre tempête dans les jours qui viennent. La bande de sable où vivent toujours quelques familles qui n'ont pas encore pu déménager, est devenue minuscule, à peine 10 mètres de large. Tout est mouillé, tout est cassé, c'est moche, et il est difficile de se dire que je vais dormir à l'abri, alors qu'eux se blottissent les uns contre les autres dans des ruines sous la pluie... Vivement que le soleil revienne.
Je suis retournée aujourd'hui à Manapa pour donner la deuxième partie de l'argent. Les maisons commencent à bien pousser sur la terre ferme. Certaines sont aujourd'hui presque terminées!
Les maisons de Gretchen et Maricel, pas encore finies... Et la maison de Shielo, en voie d'achèvement !
Mais tout cela prend du temps malheureusement! Réception des dons au
siège en France, attente du prochain décaissement pour les Philippines,
arrivée de l'argent à la banque, retrait, distribution à Manapa, achat
du matériel, puis construction (seulement lorsque les pères ne
travaillent pas, le soir où le week end).
Grâce votre mobilisation pour ces familles, nous leur avons jusque là distribué l'équivalent de 900 euros!
Ils ont d'ores et déjà acheté des clous ainsi que les morceaux de bois
les plus importants, et vont demain acheter le "bois fin" pour les murs
et sols, puis de quoi construire des sanitaires collectifs (ce qui
revient moins cher).
Nous espérons revenir la
semaine prochaine pour aider les autres familles qui ont réussi à
emprunter de l'argent en attendant notre aide.
Puis une dernière fois lorsque les maisons seront terminées, de manière à vous montrer des photos!
A vous tous, chers donateurs,
on ne vous remerciera jamais assez de leur part...
SALAMAT! SALAMAT!
"We are so very thankful to the french!" - M. Jagmoc
29 janvier 2009
"Carabao" en chinois, ça se dit comment ?
Savez-vous ce qu'est un carabao?
C'est une sorte de vache à laquelle on rajoute le qualificatif "d'eau" -espèce endémique de notre archipel préféré.
En effet, cette brave bête n'aime rien de plus que de se prélasser pendant des heures dans les eaux saumâtres et stagnantes des marécages de Mindanao. Remarquez, c'est quand même une ressource précieuse pour les habitants ici, car elle est dotée d'une puissance qui la destine à tous les travaux de force possibles et imaginables.
Comme vous le savez sans doute, lundi dernier était le premier jour de l'année du buffle.
Étant donné la proximité géographique de nos voisins chinois, et ne résistant pas à la tentation de découvrir Chloé -charmante petite puce d'amis en escale à Taiwan- j'ai décidé de faire un saut éclair à Taipei, ville où la tradition chinoise s'exprime à plein.
Puis, de retour au pays, j'ai eu la joie de retrouver quelques spécificités locales qui me manquaient déjà. La vie aux philippines est une succession d'anecdotes croustillantes...
Par exemple, ce matin, après seulement 200m dans le taxi qui m'emmenait à l'aéroport de Manille, j'ai été brusquement pris d'un doute sur les capacités de mon chauffeur. Ses réactions à contre-temps ainsi que son timing tout personnel en terme d'accélération ou de freinage m'ont quelque peu refroidit pendant la demi-heure qu'a duré le voyage. Soucieux de son état, je lui ai demandé depuis combien d'heures il travaillait : il m'a expliqué qu'il attaquait sa 25eme heure !
Autant son corps semblait encore en mesure d'appuyer sur l'accélérateur ou le frein, autant son cerveau renâclait sérieusement à appréhender l'environnement immédiat de la voiture et prendre les décisions qui s'imposent (comme éviter de piler sur une autoroute vide... au cas où un camion fantôme surgisse brusquement devant son capot (?) ou s'abstenir d'accélérer brutalement sur une voie de décélération en évitant le mur par un coup de volant à vous filer un coup du lapin !).
Ce brave homme, Prisco de son prénom, travaille de cette manière un jour sur deux, comme la plupart des autres chauffeurs de taxi. Après 19 ans de conduite, m'a t-il dit, je n'ose imaginer son état de santé...
Sa fille actuellement en étude supérieure, il ajoute quelques heures en plus à ses 24 heures réglementaires (un jour sur deux) et ce, afin de boucler ses fins de mois...
Après ces quelques sueurs froides, je suis finalement arrivé sain et sauf à l'aéroport, en avance du fait de l'absence de circulation (Dieu merci, Prisco n'aurait pas tenu le choc!). D'ailleurs, j'ai été bien inspiré d'être en avance pour mon vol Cebu Pacific 5J 311 qui relie Manille à Butuan...
En effet, Cebu Pacific est sans doute la seule compagnie au monde capable d'être en retard (ça elle le partage avec toutes les autres) mais aussi ... en avance !!!
Tandis que le décollage était prévu à 7h35 (selon mon billet ainsi que sur la carte d'embarquement) nous nous sommes envolés à 6h55 précises !! Sans doute, les vents nous ont été favorables, car nous étions sorti de l'avion à 8h20 pour un atterrissage prévu à 9h05...
Une seule leçon à retenir avec cette compagnie -aux prix imbattables au demeurant- : prévoir 3/4 d'heure de marge au cas ou le pilote soit pressé d'arriver à destination !
Mais revenons à nos vaches...
Cette année donc, pour les chinois, c'est l'année du buffle.
Ils sont contents, les chinois, parce que l'année dernière, c'était l'année du rat... Pas de bol, une année pourrie d'avance, pile pendant les JO. On se demande bien comment ils s'en sont sortis quand même.
Bref, cette année, placée elle sous de meilleurs auspices, fait honneur à l'espèce bovine.
L'écho de ce nouvel an chinois ayant dû parvenir jusqu'à Butuan, Michael, sûr de ses sources, m'apostropha ce matin en arrivant au center : "alors, c'était bien ce nouvel an du carabao ?" !
22 janvier 2009
Welcome in Obama land...
Saviez-vous que la cuisinière du tout frais président américain est d'origine philippine ?
Vous doutiez-vous qu'un soldat de sa garde rapprochée a des parents qui sont nés aux Philippines ?
Non ?
C'est bien ce que je pensais... Malgré l'Obamania qui déferle sur le monde, tel un défouloire d'optimisme en cette période de morosité forcenée -comme quoi, l'optimisme, c'est pas complètement has been !-; malgré l'ultra-présence médiatique du nouveau personnage-clé, vous étiez passé à coté de l'essentiel !
Pourtant, ce genre d'information primordiale tient ici sa juste place dans les journaux : la "une" et trois pleines pages pour la cuisinière, la "une" et une pleine page pour le soldat.
Notre Philippines Daily Inquirer, sorte de Le Monde local, trouve tout le temps quelques pinoys en exil à se mettre sous la dent !
En attendant, même à Butuan, Barack Hussein constitue le centre de toutes les conversations.
De manière générale, l'actualité internationale fait l'objet d'une attention particulière de nos students, qui n'y avaient que très peu accès avant leurs études supérieurs. Ainsi, lors de chacun de nos meetings du samedi avec l'ensemble du programme, un étudiant fait un petit exposé de quelques minutes sur un sujet brûlant de son choix. Celui de samedi prochain aura sans aucun doute pour thème notre président-monde. Mais celui de samedi dernier avait pour thème le conflit israelo-palestinien.
Pour un sujet d'une telle complexité, si mal connu de nos étudiants -dont la géographie n'est vraiment pas le point fort- il nous fallait le "top-gun" de l'exposé, l'acharné de l'actu, le dévoreur d'encyclopédie, j'ai nommé ... notre Jeson Pagapong national, Pag's pour les intimes.
Pag's est un phénomène comme on en rencontre peu : une énergie débordante, un réservoir sans fond de bonne humeur, une curiosité et une envie d'apprendre jamais assouvie.
Vous ajoutez à cela un talent d'orateur hors-norme et vous obtenez les ingrédients d'un "Pagapong show" tel celui auquel nous avons assisté samedi dernier.
Au terme d'un exposé de 10 minutes qui a tenu 80 étudiants en haleine, l'assemblée s'est levé d'un seul homme pour lui réserver une standing ovation agrémentée des traditionnels cris d'encouragement.
En effet, par un subtil jeu de question/réponse, de mise en bouche et de suspens contenu, il a réussi à passionner un public très peu au fait des enjeux dans ce secteur du monde.
Pag's est un cas à part, par sa personnalité et son charisme.
Il représente tout de même une belle image de nos étudiants, venant souvent d'endroits très reculés où ils n'ont accès qu'à d'infimes sources de connaissance ; et qui s'ouvrent à un univers inconnu que leur curiosité leur permet d'explorer durant leurs études.
S'ils n'ont pas tous les qualités ou la soif de connaissance de Pag's, ils sont tous avides de découvrir plus largement le monde qui les entoure !
PS : pour ceux que ça intéresse, Pag's vient de commencer un blog : http://www.pagerns.blogspot.com/, n'hésitez pas à y laisser un commentaire !
20 janvier 2009
Manapa daily news !
Nous vous avions conté les ravages des vagues sur la plage de Manapa...
Nous vous avions montré nos filleuls découvrant leur village après la catastrophe...
Il est grand temps de passer aux bonne nouvelles !
Grâce à votre mobilisation lors de notre précédent appel, nous avons pu réagir très vite pour apporter aux familles de nos filleuls une première aide dès dimanche dernier.
En effet, après avoir organisé une grande réunion avec les parents des six familles touchées, nous avons pu définir les priorités et les besoins de première nécessité pour reconstruire leur maison.
Ce point effectué samedi, nous y sommes donc retournés dimanche avec une première enveloppe de plus de 400 € qui permettra de couvrir le prix des clous (et toutes les ferrailles) ainsi que quelques poutres permettant ainsi de démarrer à présent les reconstructions.
Pauvres, démunis, ils le sont... Mais cela ne les empêche en rien d'être inventifs et surtout de trouver le moyen de mettre les formes, comme témoignage de leur reconnaissance. Ainsi, quand nous y sommes allés dimanche matin avec Marion, nous avons eu droit à une scène quelque peu surréaliste et ô combien touchante !
En effet, au bout de la bande de sable, là ou quelques vieilles constructions font encore semblant de tenir vaguement debout entre deux cocotiers, au milieu des gravas et des décombres, nous attendait une table posée dans un endroit nettoyé pour l'occasion ; une table nappée de blanc, comme preuve de la solennité du moment !
Cette table vierge, il a fallu la garnir ! Nous nous sommes donc humblement joint à leur pêche afin de ramener les crevettes et autres poissons qui agrémenteront notre déjeuner...
Pendant ce temps, quelques mamans se sont affairées en trouvant des couverts (sortis de nulle part ?) pour nous préparer une table présentable !

C'est donc autour d'un repas bien garni -pour les amateurs de fruit de mer et de fresh coconut (c'est délicieux !)- que nous avons pu échanger sur leurs projets, sur la vie en France et le climat philippin...
Tandis que les enfants, innombrables dans ces familles, tentèrent en vain de m'enseigner la bonne méthode pour escalader 10 mètres de palmier à main nue, je leur ai partagés mes 3 notions de cirque en leur apprenant à jongler avec des coconuts...
Après ces instants uniques, par leur simplicité et leur incongruité, tous nous ont instamment demandés de transmettre leur gratitude aux généreux donateurs, qui leur permettent d'envisager sereinement leur nouvelle existence de l'autre coté de la lagune !
Cette première étape réalisée, il nous reste tout de même à poursuivre nos efforts afin de les accompagner pour la suite des reconstructions, mais aussi à tenter d'apporter un appui aux 30 autres familles qui se trouvent dans la même situation.
N'hésitez donc surtout pas à continuer de les accompagner en envoyant vos dons (même modestes) à l'adresse suivante:
Enfants du Mékong
Service financier
5, rue de la Comète
92600 Asnières
à l'ordre de "Enfants du Mékong"
En précisant bien au dos : "Supplément programme 20-21 : reconstruction Manapa"
Merci encore à tous pour vos encouragements !
18 janvier 2009
Manuel découvre sa "maison"
Je lui avais montré la photo du palmier, bien évidemment!
Je lui avais dit : regarde un peu, j'arrive à tenir une feuille de palmier droite en hauteur dans ta maison (cf article précédent)... Il a rigolé !
C'est tout philippin, même dans les épreuves, ils gardent le sourire et le sens de l'humour !
Manuel n'était encore jamais revenu chez lui depuis la tempête. Nous y sommes donc allés samedi dernier avec Shielo et Ate Marion, tous découvrant l'état de "leur" plage après la tempête.
Voici donc en exclusivité la réaction de Manuel en arrivant sur les lieux...
Shielo semblait, elle, très affectée. Il faut dire aussi que ces étudiants ont vécu depuis leur naissance sur cette bande de sable. Devoir la quitter définitivement représente un déchirement pour eux !

Manuel et Shielo découvrent leur village après la tempête
14 janvier 2009
Manapa sous les vagues !
Les cocotiers, ça évoque les îles, le soleil, la farniente, le rêve, l'eau turquoise, le sable blanc, la chaleur, l'exotisme...
Alors, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le cocotier, quoique je ne sois pas sûr de vous évoquer tout cela !
Oui mais voilà, certains cocotiers peuvent se trouver à des endroits incongrus pour les candides européens que nous sommes.
Ce matin Ate Marion et moi-même sommes retournés à Manapa. Souvenez-vous, il s'agit du très pauvre, mais néanmoins charmant petit village installé sur un banc de sable auquel j'ai fait référence à de nombreuses reprises sur ce même blog (le combat de boxe, l'arrivée de Mékong, notre fidèle compagnon, etc.).
Situé à proximité du lieu d'un des services des étudiants du dimanche matin, nous nous y rendions régulièrement pour achever un doux dimanche ensoleillé sous les cocotiers, auprès d'une population à l'accueil d'une chaleur sans pareil.
Cependant, au fil du temps, l'espace accordé par les éléments à ce village se réduisait à mesure que les vagues et les tempêtes charriaient le sable vers les fonds sous-marins.
Il y a deux ans, la mer était à 50 mètres de la maison de Manuel, l'un de nos étudiants. La semaine dernière, les vagues venaient s'échouer à 2 mètres à peine de la cuisine. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de sa maison, à l'emplacement exact où je me trouve à faire bêtement le palmier...
La famille de Manuel, tout comme 6 familles d'étudiant de notre programme, et tout comme 30 autres familles ; a perdu le peu qu'elle possédait la nuit de samedi à dimanche dernier, lorsque les vagues ont dévasté le village, dont il ne reste aujourd'hui que quelques ruines (cf toutes mes photos pour imaginer la situation)
Manuel devant sa maison avant... Après il ne reste que du sable !
Cela faisait bien longtemps que tout le monde savait que ce village en sursis finirait par être englouti par les vagues. Les habitants, dont la préoccupation majeure est de réussir à se nourrir chaque jour, ne pouvait pas y faire grand chose. Quant aux différents plans de relocalisation envisagés lors de chaque campagne électorale, ils furent abandonnés dès l'urne refermée.
Pour revenir aux évènements, ces vagues destructrices sont la conséquence des typhons qui passent régulièrement au large de Mindanao. Ils n'engendrent pas de vents violents sur terre, mais provoquent des pluies intenses et continues ainsi que des vagues particulièrement violentes.
Ainsi la famille de Manuel, mais aussi de Maricel, Gretchen, Hazel, Shielo et Jecelyn se retrouvent aujourd'hui sans toit en plein cœur d'une période au climat particulièrement agité.
L'urgence de la situation nous oblige donc aujourd'hui à réagir pour tenter de les aider dans leurs démarches pour reconstruire leur foyer.
Les politiques, face à l'urgence de la situation, ont enfin décidé de réagir et ont accordé aux habitants de la lagune de s'installer sur un petit bout de terre situé le long de la route qui mène au village. Il ne leur manque plus qu'un peu d'argent pour pouvoir acheter les matériaux qui leur permettront de reconstruire.
En effet, avec 150€ seulement, ils pourront rebâtir une maison au sein de laquelle ils pourront s'installer définitivement en toute sécurité. Une somme qui peut paraître ridicule chez nous mais qui suffit à fournir aux familles de nos filleuls ce besoin primaire d'avoir un toit.
Si vous souhaitez les soutenir, même au travers d'un don très modeste, afin de leur permettre de se réinstaller dans des conditions décentes, rien de plus simple : il suffit d'envoyer un chèque à l'adresse suivante :
Enfants du Mékong
Service financier
5, rue de la Comète
92600 Asnières
à l'ordre de "Enfants du Mékong"
En précisant bien au dos : "Supplément programme 20-21 : reconstruction Manapa"
Vous remerciant par avance de votre générosité, je peux d'ors et déjà vous témoigner de l'immense gratitude de ces familles dont si peu se préoccupent...
11 janvier 2009
Le temps des postulants
Un dimanche au center est un jour très sympa... En général, je cours faire un tour le matin sur les lieux où nos étudiants font leur service hebdomadaire (soutien scolaire, accompagnement de personnes âgées). Si, en plus, cela permet de se rapprocher un peu d'une plage, je trouve toujours quelques étudiants désœuvrés pour m'accompagner goûter la température de l'eau.
C'est un jour calme aussi : les étudiants ont interdiction de me demander des "requests" (de l'argent pour payer leurs transports, projets, études, etc...), on prend le temps de déjeuner puis de discuter tranquillement ou lire le journal sur la terrasse un café en main.
Oui, mais voilà, aujourd'hui, c'est un dimanche gris comme rarement, avec une pluie bretonne continue et une température que les philippins qualifient de "so cold". Rassurez-vous, cela ne nécessite tout de même pas au français moyen que je suis de mettre un pull. Cependant, nous avons dû allègrement crever le plancher des 25° cette nuit. Il faut dire aussi que nous sommes en pleine saison froide. Certains étudiants arrivent même à grelotter de temps en temps...
Alors, tel un dimanche français où il fait -10° à Marseille avec 30 cm de neige, j'ai la flemme aujourd'hui de sortir. D'ailleurs, avec la pluie, il n'y pas grand monde qui bouge. L'ambiance est très studieuse. Certains révisent pour les examens à venir, d'autres lisent un roman à l'eau de rose comme ils raffolent et tous s'activent comme rarement pour le grand ménage du dimanche au réveil.
Quant à moi, je me plonge dans mon 42eme article sur le conflit israélien. Puis, lassé de cette exhibition dégoulinante de l'horreur, je me régénère en savourant le résumé du match qui a vu la nette victoire de l'OM, et cette conclusion à redonner le sourire à n'importe quel mort phocéen : Marseille peut encore rêver au titre!
Bientôt rattrapé par ma réalité, je me plonge avec intérêt dans les tests effectués par nos nouveaux candidats. En effet, le mois de janvier amorce la période des recrutements pour l'année prochaine, la fin de l'année scolaire se situant mi-mars. Cela se traduit par des dizaines de jeunes rencontrés avec l'équipe du center (Sister Pam et Richie, l'assistante sociale), des tests d'orientation, de motivation etc. Cela se traduit surtout par des histoires touchantes, des histoires cassées, des regards pleins d'espoir ou de reconnaissance. Ça me rappelle un peu le goût de l'angoisse avant de rentrer dans une salle d'examen...
Beaucoup de postulants, peu d'élus, la sélection risque d'être une épreuve compliquée ! Mais ce sera l'affaire du mois de février. Pour l'instant, nous nous contentons de découvrir, de sentir, de lire et d'écouter leur vie, leurs impressions, leurs peurs et leurs rêves.
Alors, puisque l'ambiance est calme au center en ce début d'après-midi, je parcours tranquillement les lettres de motivation. Cela me rappelle aussi d'où viennent les étudiants avec qui je vis tous les jours. Un gouffre nous sépare et pourtant, je m'étonne sans cesse de notre capacité à cohabiter, à créer une "vie de famille", à se comprendre -un peu-. C'est le miracle philippin : nonchalant souvent, d'apparence détachés, ils n'en demeurent pas moins d'un simplicité exemplaire qui facilite les échanges, la chaleur humaine et leur permet d'affronter presque sereinement nombre d'épreuves violentes.
Mais revenons à notre long dimanche de saison froide...
Pour égayer un peu cette journée paisible quoiqu'un peu terne, nous avons heureusement prévu ce soir de fêter quatre anniversaires. Alors cette après-midi, tout va s'activer : il faudra aller faire quelques courses, on va se retrouver dans la cuisine à éplucher et couper des camote (patates douces) à faire frire, à enrouler des nems ou à faire cuire du riz. Le tout dans une ambiance de chorale désordonnée autour d'une radio égosillée aimant se faire épauler par une armée d'amateur de karaoké !
Au center, le calme et la sérénité s'effritent aussi vite qu'une occasion de chanter... Et elles ne manquent pas !
10 janvier 2009
Comprendre les Philippines
Si comme moi vous avez toujours voulu tout savoir sur les Philippines ; si comme moi, vous aimez les explications claires et concises, alors prenez 15 petites minutes pour regarder la vidéo ci-dessous (tirée de l'émission "Les dessous des cartes"). C'est une excellente synthèse de la situation des Philippines en général et de Mindanao en particulier...
Dessous des cartes les Philippines




















